LANGUES MATERNELLES, LITTÉRATURES ET COMMUNICATION : QUELLES CONTRIBUTIONS AU DÉVELOPPEMENT ? »

Akofena, spécial n°8, Vol.2 Juin 2022 [pour télécharger]

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Éditorial du numéro

La question de la contribution des langues maternelles africaines au développement intégral de l’homme et de sa cité ne faiblit pas. En effet, dans un monde de plus en plus tourné vers la consommation et les sciences exactes, la revue Akofena a réuni des Chercheur.e.s autour de la thématique « Langues maternelles, littératures et communication : quelles contributions au développement ? ». Les différentes communications peuvent être classées en quatre sections :

Éditorial du numéro
Politique linguistique & linguistique descriptive

Analyse du discours & linguistique française

Pédagogie, didactique & société

Varia

La section politique linguistique & linguistique descriptive compte deux contributions. À partir des recherches effectuées par Aziber ADOUM AZIBER sur « Du Tchad au Cameroun : un paysage sociolinguistique à l’épreuve des conflits entre langues officielles ! », l’on découvre qu’à la faveur d’une politique linguistique qui assure la promotion du bilinguisme au Tchad et au Cameroun, le français langue officielle du Tchad règne sans partage dans l’administration, les établissements scolaires et autres secteurs stratégiques devant l’arabe et l’anglais. Cette prédominance du français sur le secteur formel devient de plus en plus source de conflits linguistiques pour l’unité nationale et la cohésion sociale. La dernière contribution est celle d’Augustin NDIONE qui s’attèle à décrire le fonctionnement spécifique et invariant du marqueur [ɗë]. Celui-ci apparaissant en finale d’énoncé ou en finale de séquence mais interprété comme un pronom relatif.

La seconde section qui s’articule autour du discours politique & linguistique française reste dominée par des œuvres romanesques. Ainsi à travers « Le temple du passé de Stefan Wul, une réécriture du mythe de Jonas », l’on découvre avec Escoffier-Ulrich KOUASSI que le roman de science-fiction, à l’instar de toute création littéraire, ne naît pas ex nihilo. Ainsi, le temple du passé est construit sur un fond historico-religieux avec des images et des thèmes permettant d’observer le mythe de Jonas. Pour sa part, Ibrahima LO tente d’analyser la théorie du Contrat social et des conflits sociaux de John Locke à travers Lord of Flies de William Golding (1954). À travers les différentes démarches menées par la Grande Royale, l’un des personnages principaux de L’aventure ambiguë, Ousseynou BA met en évidence un véritable plan de communication sociale. En effet, suivant la logique du triangle rhétorique d’Aristote (l’Ethos, le pathos et le logos), la Grande Royale réussie sa campagne de changement de comportement et d’attitude des Diallobé en mettant en branle une stratégie de communication originale et adaptée. De leur côté, Soumaya BOUACIDA, Mohamed BOUSSEKAA & Bochra BOUTERAA invitent à explorer Des souris et des hommes de John Steinbeck (1937) du point de vue de l’Hétérotopie de Michel Foucault (1967). Cette étude illustre, en effet, comment le Ranch dans la nouvelle de Steinbeck constitue un espace hétérotopique à l’image de la société américaine de l’époque. Ayant fait de la valorisation culturelle un chemin de bataille, Sansan SIB tente de dévoiler la représentation de l’État-nation post-colonial que fait Anyidoho. Pour SIB, le poète considère l’héritage colonial et le néocolonialisme comme les principaux obstacles à l’établissement de l’État-nation postcolonial. Dès lors, la reconquête de l’identité perdue par les sujets post-coloniaux, en s’abandonnant à leur passé, constitue les préliminaires à l’établissement de l’État-nation. Dans la même section, Kouassi Germain KOUADIO analyse le rôle des déictiques temporels dans la structuration et la cohérence du discours d’Emmanuel Macron, leur fonction dans la référentialité situationnelle et leur impact sur la force persuasive de son plaidoyer en faveur du climat. Selon Kouassi Benjamin KOUASSI, en tant que pratique discursive, la négation favorise, de toute évidence, la polémique entre sujets en interlocution et témoigne, de nos jours, d’un regain d’intérêt pour les annonceurs. La section s’achève par la contribution de Barthélemy KABORE traite de la place de la littérature orale sur les réseaux sociaux numériques. Son objectif est de montrer que ces derniers contribuent à la promotion des ressources de l’oralité en général et des textes oraux en particulier.

Dans la section pédagogie, didactique et société, la contribution de Adjo Ange-Viviane AKA vise à montrer que les arts, les sciences humaines et les lettres ont une pertinence sociale propre, dont la matérialité ne peut être ni négligée ni comparée à celle d’autres champs de connaissance. Pour elle, le développement d’un pays s’apprécie sur la base d’un ensemble de standards internationaux. Pour sa part, Clément BAH pointe du doigt les problèmes rencontrés dans les universités d’Afrique francophone. Il s’agit entre autres des effectifs pléthoriques, du manque de salles de cours, de laboratoires et du ratio enseignant-apprenant. Dans la même perspective pédagogico-didactique, la contribution de Denise MVINDU NIONZUKA, Léon MBADU KHONDE & Elisabeth MASALA NZAU tente au préalable de découvrir les capacités créatives des élèves sourds, pour ensuite mettre en exergue la variabilité intra et inter individuelle des modalités de la créativité (fluidité, flexibilité et originalité) chez les malentendants au regard des caractéristiques sociodémographiques et de celles qui décrivent ou déterminent la surdité. Profondément attachés à la culture ivoirienne, Bi Drombé DJANDUÉ & Anougba Simplice KUMONpromeuvent une Côte d’Ivoire riche et belle de sa diversité culturelle auprès de la jeunesse, d’où l’éponyme thèse ‘on n’apprend pas une langue étrangère pour se renier’. Précisons que huit autres contributions sont dédiées à la dyade pédagogie-didactique. Nous avons dans cette optique, Jean René GALEKWA VUNDAWE, Delly LUFUNGULA MUBIALA & René YAKANDI MOTE analysent les activités des acteurs impliqués dans les espaces numériques de formation continue afin de mettre en évidence la relation entre l’univers prospectif (utilité potentielle) et l’univers rétrospectif (utilité réelle) du dispositif. Il s’agit, en un mot, d’interroger la pertinence de la conception initiale du dispositif à travers l’utilité potentielle espérée à l’aune des expériences vécues par les acteurs à travers l’utilité réelle. Jean Donatus BAHATI SHABANYERE, Ursule BISENO IWAYI & John LEFI NDOSI se penchent sur la problématique de la prise en charge psychosociale des détenus dans la Prison Centrale de Kinshasa appelée Makala. Les objectifs attendus consistent à connaitre les conditions de vie des détenus afin d’établir cette forme de prise en charge. L’article de Mujibat Opeyemi OMOTOKESE se propose de rendre compte de l’implantation de la langue arabe dans le système éducatif nigérian. Il permet de comprendre le contexte sociolinguistique de l’arabe au Nigéria, c’est-à-dire, le rapport qui existe entre la langue arabe et la société nigériane. Avec l’évolution de l’homme et ses aspirations professionnelles, la gestion des ressources humaines se révèle comme un moyen avantageux, car elle donne l’occasion aux responsables d’entreprise de trouver une adéquation entre leurs objectifs et ceux des salariés. Aujourd’hui, retenir un personnel qualifié présente un enjeu majeur pour les entreprises. C’est pourquoi à partir de son postulat de base, pour Marthe KHAKE KABUO, les facteurs intrinsèques de motivations tels que l’incertitude de trouver de l’emploi ailleurs, le prestige social devraient être des facteurs les plus explicatifs de la fidélité des salariés de la SCTP. L’objectif visé par la contribution de Lou Claudine DRI consiste à présenter les difficultés rencontrées par les agriculteurs de Kayeta de la sous-préfecture de Kononfla, de les analyser en vue de proposer un modèle d’alphabétisation fonctionnelle pouvant permettre l’amélioration des conditions de travail et de vie socioéconomique des bénéficiaires. L’on apprend avec Mbaindogoum DJEBE, Romain GOUATAINE SEINGUE, Médard NDOUTORLENGAR & Félix MBELE ABBO que la dégradation des ressources naturelles à Abéché menace significativement les cadres physique, écologique et social entraînant ainsi un grand changement du paysage actuel. C’est pourquoi selon les concernés, une attention particulière est à conférer aux phénomènes d’urbanisation afin de minimiser les impacts induits. La réflexion de Souleymane KARAMBIRI est une mise en lumière de la dimension fortement instrumentale du foncier dans la définition de la gouvernance foncière dont la mise en œuvre a influencé les dynamiques socio-foncières en milieu rural à travers des transformations foncières observables. Pour l’essentiel, il s’agit de la raréfaction des arrangements fonciers coutumiers au profit des pratiques foncières monétarisées émergentes que sont les locations et les ventes de terre. L’article de Yacouba TENGUERI, Alkassoum MAIGA & Abdramane BERTHE est une contribution à la problématique du terrorisme que subit le Burkina Faso. En effet, depuis 2015, le Burkina Faso a basculé dans la violence terroriste qui a entrainé une crise humanitaire sans précédent dans la région du Sahel, de l’Est et du Nord. À partir d’une approche qualitative, il ressort que les chercheurs qui s’intéressent à la problématique du terrorisme dans le Sahel burkinabè doivent adopter une posture qui est respectueuse de l’éthique de la recherche et qui s’interdit de s’abreuver des présupposés pour en faire une analyse sociologique. Si Etanislas NGODI tente de faire une relecture circonstanciée à l’aune des messianismes congolais, par le biais du mouvement nsilulu.  Koku AVOUGLA suit de près l’influence de la fécondité sur le développement socio-économique et sur l’état de santé des femmes constitue un problème de santé publique. C’est pourquoi son article analyse les obstacles liés aux méthodes modernes du planning familial dans la préfecture de la Kazah au nord-Togo. La section se termine avec l’article de Robert MENA LOKITA, Carine KANDOLO ASHA & Hugor NSAKA KAZADI qui visent le rajeunissement de l’administration publique congolaise. En effet, le secteur public congolais souffre d’une perte progressive en ressources humaines qualifiées et d’un vieillissement régulier de sa main d’œuvre. Aujourd’hui 55 à 60% de l’ensemble des fonctionnaires congolais a dépassé le seuil obligatoire de départ à la retraite, actuellement fixé à 65 ans d’âge ou 35 ans de service. C’est dans ce contexte précis que le gouvernement a lancé depuis 2012 le programme jeunes professionnels offices.

La section varia compte cinq contributions. Ainsi, s’intéressant à « la place du conte dans la formation pédagogique traditionnelle chez les Sénoufo », Issan DEGBEH relate les malheurs de Gbérina, un jeune homme réfractaire aux institutions communautaires. Lors de cette séance de contage, l’informateur accepta d’apporter une explication du conte proposé. Ce moment de libre discussion en donna toute sa quintessence. Pour sa part, Yaya COULIBALY analyse les infrastructures socio-économiques réalisées par le conseil municipal d’Adzopé pour une population de 98 846 habitants répartis sur une superficie 54 00 km². Pour y parvenir, il répond à l’ultime question suivante : comment les infrastructures sociales réalisées par le conseil municipal d’Adzopé impactent-elles sur l’espace urbain ? En effet, le secteur public congolais souffre d’une perte progressive en ressources humaines qualifiées et d’un vieillissement régulier de sa main d’œuvre. L’étude réalisée par Reagan Ngonzo Kitumba & Jonathan ENGUTA MWENZI dans le milieu scolaire a poursuivi un double objectif : mesurer la qualité de la communication parent-enfant au travers les fréquences des réponses fournies par les sujets de la perception qu’ils ont de la qualité de la communication qu’ils entretiennent avec leurs parents et évaluer l’impact de la qualité de la communication parent-enfant, au travers les opinions des sujets sur le rendement scolaire. L’objectif de l’article défendu par Jonathan ENGUTA MWENZI & Reagan NGONZO KITUMBA consiste à mettre en relation les difficultés de lecture et la réussite scolaire des élèves de Kinshasa. Pour y parvenir, une échelle d’auto-perception de la lecture est administrée à 114 élèves de cinquième et sixième primaire de différentes directions du Groupe Scolaire de Mont-Amba. Outre ses contributions en co-publication, Jonathan ENGUTA MWENZI & Ramsy LELE NDJONDO dans « Évaluation de l’efficacité de la formation professionnelle à la Direction Générale des Impôts » évaluent l’efficacité des activités de la formation professionnelle organisées par la Direction Générale des Impôts.

Coordinateurs

Amoikon Dyhie ASSANVO  (Université FHB – Côte d’Ivoire) & Souad ATOUI-LABIDI (Université Mohamed BOUDIAF de M’Sila, Algérie)

POLITIQUE LINGUISTIQUE & LINGUISTIQUE DESCRIPTIVE
ANALYSE DU DISCOURS & LINGUISTIQUE FRANÇAISE
PÉDAGOGIE, DIDACTIQUE & SOCIÉTÉ
VARIA
Mise en ligne 1er Juin 2022