LANGUES MATERNELLES, LITTÉRATURES ET COMMUNICATION : QUELLES CONTRIBUTIONS AU DÉVELOPPEMENT ? »

Akofena, spécial n°8, Vol.1 Juin 2022 [pour télécharger]

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Éditorial du numéro

La question de la contribution des langues maternelles africaines au développement intégral de l’homme et de sa cité ne faiblit pas. En effet, dans un monde de plus en plus tourné vers la consommation et les sciences exactes, la revue Akofena a réuni des Chercheur.e.s autour de la thématique « Langues maternelles, littératures et communication : quelles contributions au développement ? ». Les différentes communications peuvent être classées en quatre sections :

Littérature africaine

Discours politique, analyse du discours & cognition

Pédagogie, communication & société

Varia

Sous la section littérature africaine, selon Amadou Zan TRAORÉ, traditionnellement, en Afrique de l’Ouest, les Hommes d’exception et leurs exploits impactent les futures générations. Tout en respectant les canaux de socialisation séculaire, ces icônes socioculturelles creusent le sillon de leur accomplissement multidimensionnel. Dans cette veine, au XIIIème siècle, le Sosso connut un roi atypique : Soumangourou Kanté. Doté de pouvoirs mystiques et mythiques hors pairs, il a longtemps régné avec des méthodes très souvent décriées pour plusieurs raisons. L’objectif défendu par A. Z. TRAORÉ consiste à explorer la vie et l’œuvre de ce héros épique. Pour sa part, à travers « Ma fiction, ma réparation », Belgacem BELARBI construit une théorie permettant de circonscrire les éléments linguistiques et esthétiques qui charpentent la production de Nina Bouraoui (2005). Notons que l’œuvre de cette auteure lui a permis de soulever la question de la place de la femme dans un contexte de double appartenance culturelle algérienne/et française. Pour rendre compte des liens qui se tissent entre le parcours de l’auteure et sa conscience d’exilée, B. BELARBI s’intéresse à la crise identitaire personnelle et à la volonté qui en découle de s’inventer en s’écrivant.

Contrairement à la précédente section, celle-ci sous le titre de pédagogie, communication et société compte dix (10) contributions. Les principales touchent la pédagogie, la communication et les faits de société. À l’entame de la section, pour Abdoulaye ABAKAR KASSAMBARA & Zakaria BEINE, le bassin du lac Tchad est confronté à l’insurrection de Boko Haram depuis 2011. Ce conflit a entraîné la détérioration du circuit commercial du bassin. Ainsi tentent-ils de mesurer l’ampleur de l’impact économique de l’insurrection de la secte Boko haram. À travers « Valoriser davantage l’estimation et l’évaluation écrites de l’anglais, langue étrangère dans le système éducatif du Bénin », Evariste Assogba KOTTIN, Pedro Marius EGOUNLETI & Martinien Toboula ZOUNHIN suggèrent que les enseignants d’Anglais reconnaissent davantage et accroissent la valeur de l’estimation et de l’évaluation aux cours secondaires du Bénin en vue d’encourager les apprenants à continuer de prendre en considération l’apprentissage de la langue cible. Précisons que l’objectif qu’ils défendent est de mettre en exergue la différence entre l’estimation et l’évaluation, examiner les opportunités de l’estimation et de l’évaluation écrites dans le système éducatif du Bénin, et prendre une décision pour le succès effectif dans cette compétence. La production de Jean Christophe FAYE est consacrée à l’étude des langues et moyens de communication dans les maisons d’esclavage, singulièrement dans la maison des esclaves de l’île de Gorée. En effet, ces maisons étaient des lieux de rencontre d’individus aux horizons culturelles et linguistiques différents. Par ailleurs, cet article permet de comprendre le statut réel des langues locales et les conséquences linguistiques qui découlent du contact de ces langues et les langues étrangères. La contribution de Jean René GALEKWA VUNDAWE & René YAKANDI MOTE interroge le bilan de formation aux métiers du numérique de Lisungi Fablab de Kinshasa. En effet, le succès récolté par le Lisungi Fablab en 2018 amène à questionner les pratiques de formation mobilisées et les résultats obtenus en lien avec les attentes des 70 apprenants dans un contexte des défis numériques et éducationnels. Pour y parvenir, ils s’appuient sur l’approche qualitative et quantitative. Alors que le monde continue de subir les affres de la Covid-19, partout en Afrique, les gouvernements tentent d’endiguer la pandémie en sensibilisant les populations sur les moyens de prévention. À cet effet, à travers « Communiquer officiellement sur la Covid-19 en fàŋ-ntúmù : analyse d’une expérimentation fondée sur les savoirs endogènes », Liliane Surprise OKOME ENGOUANG Ep. NZESSEU analyse le déploiement de la communication sur les risques en cette période de pandémie. Il s’agit pour elle d’apprécier l’utilité et le caractère opératoire des langues endogènes gabonaises. À travers « L’étude des points de vue des acteurs pédagogiques de L’IFERE à propos du fonctionnement des stages »,Mohamadi RIDHOINE met l’accent sur les effets du nouveau dispositif de stages introduit à l’IFERE en 2014 dans le cadre de la réforme de formation initiale des professeurs des écoles en Union des Comores. Son constat est que ce dispositif connait des difficultés liées à l’encadrement de stage, au manque de formation des formateurs. Dans l’article de Pierre Kouakou TANO, l’animation culturelle est une discipline récente en Côte d’Ivoire. Cette fébrilité liée à sa naissance nouvelle ne lui permet pas d’être associée à toutes les disciplines et d’être considérée en tant que telle. Alors qu’en réalité, il y a des décennies qu’elle est présente et visible dans de nombreux secteurs d’activités sociales, culturelles dont les arts plastiques. Ainsi, à travers les entretiens, l’observation et la recherche documentaire réalisés, Pierre Kouakou TANO estime que les arts plastiques prennent appui sur l’animation culturelle et se positionnent comme un moyen puissant qui contribue à l’évolution de la société ivoirienne tant sur le plan socioculturel, psychologique qu’économique. L’article de Robert MENA LOKITA s’inscrit dans le cadre de l’assainissement de l’administration publique caractérisée par une pléthore d’effectifs avec un impact significatif sur le budget de l’état. R. MENA LOKITA pense que la maitrise des effectifs reste parmi les axes prioritaires du gouvernement dans le cadre de réforme de l’administration publique. L’article de Roger NZAPAKEMBI KWANDO, René YAKANDI MOTE & Jules DOANGBELE SELENDO évalue les activités de la CNSS dans la prise en charge des prestataires dans le territoire de Gemena au Sud Ubangi en République Démocratique du Congo (RDC). Les objectifs défendus par la présente étude sont entre autres l’évaluation des prestations fournies par la CNSS 2016 à 2018 et la détermination de la conformité des prescriptions de la convention 102 du 29 juin 1952. Pour terminer, Zhor CHNINA explore les relations entre langue et religion, selon les lieux où ces deux dimensions peuvent exister. C’est à ce titre que sa contribution s’intéresse aux interactions qui peuvent exister dans de telles circonstances.

L’avant-dernière section, intitulée discours politique, analyse du discours, cognition compte huit (08) articles. Si Adolé Félicité AKUESON s’intéresse à l’impact de l’injure en politique, Boubacar OUEDRAOGO examine l’extrémisme violent qui prend de l’ampleur dans plusieurs pays du Sahel tout en engendrant d’énormes conséquences humanitaires et sociales. Bernadette MUISAKA KAMONO, Maurice TINGU YABA NZOLAMESO & Jean Bosco MAHUNDA NZENDO tentent d’établir la relation entre la santé mentale et le risque de décrochage scolaire chez les adolescents de 13 À 18 ans de la ville de Kinshasa. D’après leur étude, l’état de santé mentale détermine à 63,70%, le risque de décrochage dont respectivement 37,81% serait la part de la contribution de l’état psychologique, 11,97% la part de l’état social et 13,92% celle de l’état environnemental. Paméssou WALLA met en évidence les difficultés et dénonce la déshumanisation et l’aliénation de la classe ouvrière dans le travail de cuisine dans les restaurants londoniens. La question de la mauvaise gouvernance dans les romans négro-africains au lendemain des indépendances constitue pour Parfait NADJIBEYE, une dimension scripturale particulière de la part des plusieurs écrivains africains. Son article répond à la question cardinale suivante : comment la textualisation de la mauvaise gouvernance s’est manifestée dans l’univers littéraire de Bofane ? Ayant axé sa réflexion sur « Angoisse et écriture dans Chanson douce de Leïla Slimani », Souad ATOUI-LABIDI avance que l’angoisse a toujours été intimement liée aux pratiques et études psychologiques et psychanalytiques. Dès lors, son article essaie de cerner, de plus près, l’écriture de Slimani qui a fictionnalisé ce sentiment négatif en ménageant des procédés mais aussi un imaginaire capable de dire l’angoisse dans tous ses états en focalisant l’analyse particulièrement sur les deux personnages féminins Myriam et Louise. Zineb MARJOUF examine l’émotion intense de la douleur et la déchirure dans Le désenfantement (2002) de Rita EL KHAYAT. Dans “The middle passage: an esoteric pilgrimage in wilson’s gem of the ocean”, Yao Katamatou KOUMA argue que le passage du milieu a été toujours interprété par plusieurs dramaturges comme un trajet inventé par le trafic des esclaves. Il est une route commerciale qui a servi à la plus grande immigration forcée et humiliante dans l’histoire de l’humanité. Cependant, la pièce théâtrale, d’August Wilson (2006) donne une autre version par la métaphore de la ville aux os localisée sur une cartographie imaginaire de l’océan. L’objectif de cet article est de montrer comment l’esclavage est un pèlerinage ésotérique vers une mort transitoire, mais aussi vers une renaissance.

La section varia est occupée par les contributeurs Archellin FANSAKA MPIA; Hassiba BOUKHATEM; Matthieu MUKENGERE NTAKALALWA;Philo KAYEMBE ILUNGA; Tondiku-MBEMBI KHYM’S & Jean Bosco KIPULU MAVOKA ; Yves ZONGO ; Khym’S, TONDIKU MBEMBI & Jean Bosco KIPULU MAVOKA ; Cédric-Aurel MANZENZA ; Jonathan ENGUTA MWENZI, Lionel MAYALA BASINSA & Irène BELANTA MAKUMA; Josue OZOWA LATEM; Sihame KHARROUBI & Cherifa ZIDOURI; Zacko BITUVUIDI KIANGANI.

Coordinateurs

Amoikon Dyhie ASSANVO  (Université FHB – Côte d’Ivoire) & Liliane Surprise OKOME ENGOUANG ép. NZESSEU (École Normale Supérieure, CRAAL, CRAHI, Libreville – Gabon)

SECTION: LITTÉRATURE AFRICAINE
SECTION: PÉDAGOGIE, COMMUNICATION ET SOCIÉTÉ
SECTION: DISCOURS POLITIQUE, ANALYSE DU DISCOURS, COGNITION
SECTION: VARIA