“Langues, littératures & société: description exclusive ou éclectique et pluridisciplinarité” sous la supervision de:

Amoikon Dyhie ASSANVO

COORDINATEURS

Jean-Claude DODO

Allou Serge Yannick ALLOU

Assouan Pierre ANDREDOU

Le présent volume est la continuité de Akofena, spécial n°6, volume 1. Ainsi, tout comme le volume 2, nous avons cinq (05) sections dans ce volume, en fonction des thématiques abordées par les contributeurs. À cet effet, sous la section recherche linguistique africaine, la contribution de Mamadou FOFANA permet de se faire une idée du comportement morphologique et morphophonologique de certains emprunts au niveau du lexique koyaga. Tout comme FOFANA, les productions de Yoma TAKOUGNADI, et de Zinsou HOUNZANGBE sont axées sur la syntaxe. À titre illustratif, l’étude TAKOUGNADI cherche à décrire les constructions possessives dans cette langue Gur et à identifier la nature des relations sémantiques qui se dégagent à travers les diverses structures syntaxiques consacrées à la possession en bago. A contrario, Paul Hounsa AIKPO pose le problème de l’évocation des panégyriques claniques à Abomey. Entendons par panégyriques, des éloges, des paroles imagées et métaphoriques qui  retracent l’origine, l’exploit des personnages du clan, tout en véhiculant des pensées de reconstruction dans les collectivités et clans. Ils peuvent véhiculer la sagesse que possèdent tous les clans et conditionnent les interdits et obstacles auxquels peuvent confronter les porteurs du panégyrique.
La seconde section alphabétisation, multilinguisme et plurilinguisme, Festus A. SOYOYE, Tajudeen A. OSUNNIRAN & Clement A. ADEJARE nous instruisent sur les difficultés de l’éclosion d’une langue matinale consensuelle en Côte d’Ivoire, d’où l’importance accordée à la langue française. Vu l’indécision des décideurs et de rôle que joue le français, Lou Claudine DRI pense que l’alphabétisation des adultes devra utiliser ladite langue comme médium. Effet, le français contribue à l’acquisition de compétences, de savoirs essentiels et à la socialisation des apprenants. Abondant un autre aspect de la section alphabétisation, multilinguisme et plurilinguisme, l’article de Jonas Kwabla FIADZAWOO, Frank ATTATI & Bernard Atsu ATTATI indexe l’une des difficultés que rencontrent des étudiants en FLE au Ghana dans la prononciation des mots français. En effet, l’étude essaie de trouver les sources de cette difficulté afin d’y remédier. Pour terminer, la contribution de Mexcent ZUE ELIBIYO évalue l’impact sociolinguistique de la langue fang dans développement du parler tolibangando au Gabon.
Quant à la section littérature africaine, occidentale, orientale et malgache, elle s’enrichit de six (06) articles d’analyse du discours. Il s’agit entre autres, Lahouassa MUSTAPHA, Pierre Olivier EMOUCK, Robert MAMADI, Kouago ABDOULAYE & Bichara Taoussi TAOUKAMLA, Rosin Francis Emerson LOEMBA, Souhila Fatima Zohra BRAHIMI & Latifa SARI MOHAMED, Yves-Abel FEZE & Sadrack KOLLO ELOCK. À l’inverse de ses paires, Yacouba KONÉ montre que, par l’insertion des procédés artistiques, d’une part, l’écrivain français délivre ses personnages de leur condition existentielle angoissante et, d’autre part, il interpelle l’humanisme de ses contemporains sur la disparité des conditions humaines. Aussi utilise-t-il ce procédé pour atteindre le cœur des hommes afin d’aider les communautés humaines à s’affranchir des conditions défavorables à leur liberté, à leur épanouissement. Ce faisant, l’on assiste à un changement de paradigme littéraire autorisant las auteurs à s’approprier les structures exogènes et favoriser des échanges esthétiques divers.
Dans l’avant dernière section, Aboubakar OUATTARA se pose la question de savoir si les organisations relevant de la sphère religieuse ivoirienne sont considérées comme des entreprises. Tout comme OUATTARA, Benjamin EYOUNGA se demande quel rapport peut-on établir entre la civilisation négropharaonique antique et les religions qui pullulent en Afrique aujourd’hui ? Quel est l’enjeu pour les africains de maitriser les sources égyptiennes de ces religions ? En effet, selon le concerné, mise à part l’idéologie purement falsificationniste de l’histoire, il existerait, selon les égyptologues, un lien de parenté logiquement démontrable entre la civilisation négropharaonique et les religions révélées, comme l’attestent si bien les travaux d’Hérodote, de Benoit de Maillet, de Constantin François Volney et de Cheikh Anta Diop. Nous notons avec Amadou Zan TRAORÉ, Famakan KEITA & Cheick Oumar Toutou DIARRA que les sociétés traditionnelles Ouest-Africaines sont façonnées en général par des activités et des pratiques socioculturelles séculaires. Parmi celles-ci, on peut citer les initiations dont le mariage, au Bèlèdougou, en est une partie intégrante. Le mariage traditionnel bamanan (Fura) est une institution sociale. Par ailleurs, Cyrille Ulrich SANLE, Soumaila KONE & Ballo Jean YAO analysent les indicateurs socioéconomiques de la pauvreté dans la ville de Bouaké. En effet, le problème de la pauvreté est une priorité pour les gouvernements. C’est pourquoi diverses initiatives à l’échelle mondiale, africaine et nationale ont été prises pour tenter de remédier à ce fléau. Dans la même veine d’aménagement linguistique, l’article d’Issaka DAHANI & Georges COMPAORÉ vise à appréhender le problème de l’aménagement de la commune périurbaine de Koubri lié à la superposition des territoires administratif et coutumier. Pour y parvenir, ils se posent plusieurs questions. Notamment, quelle est la logique de l’organisation de l’espace de Koubri ? Quel est le système foncier qui y prévaut ? Quel est le mode de gestion de ces territoires ? Quels sont les impacts de cet aménagement ? Quelle est la dynamique actuelle ? Guy RAZAMANY & Lalao Soa Adonis TSIARIFY s’intéressent à la parenté à plaisanterie ou le ziva entre les Makoa et les Tsimihety à travers les aliments. En effet, celle-ci est considérée comme un refoulement d’un mythe dans le but de rechercher l’harmonie sociale entre les deux groupes. Contrairement aux auteurs cités plus haut, Elie Stelle MOUSSODJI s’intéresse à l’engagement des rappeurs dans la crise sociopolitique que traverses le Gabon depuis trois (03) ans. Pour Haoua Adji OUMAR, le msәr est une langue en danger de mort qui doit être aidé en mettant en place des critères. Pour terminer, selon de Joseph-Marie NGUEMA ANGO l’implication collective de la famille et l’école, à travers les rôles respectivement actifs des parents et des enseignants dans la scolarité des enfants impacte forcément les performances scolaires de ces derniers. Mais pour atteindre ce noble objectif, une véritable stratégie d’échanges d’informations et de communications entre acteurs de l’éducation s’impose.
Dans la dernière section discours politique, analyse du discours et grammaire, Nshindi-Germain MULAMBA réexamine le problème du sens des noms propres par une étude des anthroponymes écologiques (zoonymes et dendronymes) en ciluba, l’une de quatre langues nationales de la République Démocratique du Congo. Pour sa part, Oumar DIA met en exergue la structuration d’un champ sémantique à travers ses étapes de constitution et de description. En outre, ce dernier s’interroge, face à la complexité de la notion, quels procédés faudra-t-il mettre en œuvre pour constituer et décrire des champs sémantiques ? Les recherches effectuées par Sayouba OUEDRAOGO s’est proposé de décrire les caractéristiques du discours graffiti dans ses aspects morphosyntaxique, lexico-sémantique, phonétique et orthographique. L’étude met également en lumière les procédés de création lexicale mis en œuvre par les auteurs des graffiti dans les établissements d’enseignement post-primaire et secondaire de la ville de Ouagadougou. L’analyse du contenu du discours graffiti a révélé l’existence d’une variété de français jugée non-standard en milieu scolaire au Burkina Faso. Nous bouclons la section avec la contribution de Réal MONDJO LOUNDOU qui se propose de montrer comment l’écrivain francophone s’approprie la langue française au point d’en ressortir certaines particularités du français, tel qu’il est parlé au sein de plusieurs grandes villes et métropoles d’Afrique francophone, à l’instar de Yaoundé au Cameroun. Et ce, à travers l’usage chez Patrice Nganang d’un pidgin (camfranglais) qui semble attester de la présence des interférences linguistiques. La contribution analyse également les spécificités du français tel qu’il est employé par certains africains issus de l’immigration et demeurant en Occident, à l’exemple de la France. Pour terminer, selon Paul DÉZOMBÉ l’intérêt que les critiques accordent aux effets de frontière et de porosité entre le théâtre et le roman met en évidence le caractère instable de leurs frontières et dénote le fait qu’ils se situent dans un rapport dynamique d’interaction.

Contenu du Spécial n°6, Vol.1 Juin 2021

Couverture/ Sommaire [à télécharger]

LINGUISTIQUE AFRICAINE

ALPHABÉTISATION, MULTILINGUISME ET PLURILINGUISME

LITTÉRATURE AFRICAINE, OCCIDENTALE, ORIENTALE ET MALGACHE

PÉDAGOGIE, COMMUNICATION, MILIEU ET SOCIÉTÉ

DISCOURS POLITIQUE, ANALYSE DU DISCOURS ET GRAMMAIRE

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